LES PHOSPHÉNES QUE NOUS UTILISONS
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Les phosphènes qui nous servent pour nos entraînements sont :
1) Le post-phosphène, ou phosphène consécutif à l'éclairage.
2) Le co-phosphène, ou phosphène associé à l'éclairage.
3) Le chaos visuel, parfois aussi nommée image résiduelle, ou ensemble de petits phosphènes qui persistent sans excitation lumineuse préalable, en obscurité.
POST-PHOSPHENE
DÉFINITION DU POST-PHOSPHÈNE
Le post-phosphène est l’image lumineuse de multiples couleurs qui persiste pendant trois minutes, après la fixation d’une source lumineuse de 75 watts au moins, à environ un mètre, pendant trente secondes.
Cette catégorie était appelée, avant nos recherches, suivant les auteurs : “image de rémanence”, “image de persistance” ou encore “post-image”. Nous avons donc fait un néologisme par restriction pour désigner cette catégorie de phénomènes parce que le mot “phosphène” est plus euphonique, qu’il évoque l’idée de phosphorescence et que la couleur la plus brillante du phosphène, la première à apparaître, est un vert tirant sur le jaune qui ressemble à celle de la phosphorescence. De plus, comme la catégorie que nous utilisons le plus est le post-phosphène” par abréviation, nous utilisons le mot “phosphène” pour “post-phosphène” chaque fois que nous n’avons pas à l’opposer à une autre catégorie de phosphène.
LES COULEURS DU POST-PHOSPHÈNE :
Il peut se décomposer schématiquement en plusieurs phases qui, à vrai dire, s’entremêlent par saccades arythmiques. Le nom que nous allons donner à ces phases représente donc la couleur qui y domine par sa surface car, comme nous le verrons, il n’y a pas de demi-teinte.
Phase de gris laiteux :
Cette phase n'existe qu'au début de l'entraînement. Elle disparaît par la suite. Les expériences de vision des objets physiques en pleine obscurité (cf. “ L'Exploration du cerveau par les oscillations des phosphène doubles ”) montrent qu'elle est de même nature que la dernière phase du phosphène laquelle s'accentue plutôt avec l'entraînement.
D'habitude, au début de celui-ci, le phosphène apparaît vers la quinzième seconde après l'extinction.
Il est alors constitué de quelques nuages grisâtres et pâles, formant parfois une seule masse. Ses bords sont irréguliers, flous. Sa durée est de quelques secondes. La phase suivante lui succède immédiatement, c'est-à-dire sans éclipse les séparant.
Il arrive qu'au lieu de cette phase grise au début, il y ait, à la place, un temps de latence complètement obscur, avant l'apparition de la deuxième phase.
Très rarement, au début de l'entraînement, cette phase obscure est très longue, une demi-minute par exemple. Il faut alors faire patienter le sujet car il a tendance à dire qu'il ne voit rien et à interrompre l'expérience.
Ce temps de latence d'une durée exagérée disparaît après quelques séances.
Phase verte ou jaune :
Nous appelons la deuxième phase “ phase verte ”, bien que le plus souvent, aux premiers essais, elle soit d'un beau jaune très brillant, cerclée de rouge. Mais presque toujours, après quelques jours d'entraînement, elle devient d'un vert assez brillant, mais moins que ne l'était le jaune, de telle sorte que certains expérimentateurs regrettent cette transformation.
Chez quelques sujets, le phosphène est franchement vert dès les premiers essais ou d'un vert jaune. Nous verrons plus loin l'explication la plus probable de la métamorphose de cette phase après quelque entraînement.
On observera que, surtout dans la région centrale, la teinte n'est pas homogène : on peut y observer des globules, des ombres mouvantes, des étincelles.
Le cadre rouge n'est qu'exceptionnellement absent au tout début du phosphène. Dès qu'il est apparu, il va augmenter, non pas d'une façon régulière mais par avances et reculs brusques. D'une importance inégale le long du pourtour, il est sujet à des disparitions subites, suivies rapidement de réapparitions. Le résultat moyen de toutes ces variations irrégulières n'en est pas moins que le rouge augmente. Parfois, on assiste à une éclipse brusque et totale du phosphène. Certains débutants retirent alors le bandeau avant qu'on ait eu le temps de leur expliquer que le phosphène va réapparaître, ce qu'il fait en général plus progressivement qu'il n'a disparu si le sujet reste en obscurité.
Phase rouge :
Comme nous l'avons déjà dit, c'est souvent après une éclipse plus longue que les autres que le phosphène devient subitement rouge.
Parfois, il y a une phase intermédiaire au cours de laquelle le phosphène sera rouge entouré de vert ; en somme, un renversement des couleurs par rapport au début. Ou encore il y a des “ allers et retours ” de ces deux couleurs, toujours par saccades et sautes irrégulières. Puis le phosphène se stabilise dans une couleur rouge moins brillante et plus calme que la première phase.
Pendant encore une minute et demie, cette teinte va diminuer de surface et en même temps s'assombrir.
Phase bleue :
Parfois, bien que rarement, un anneau bleu peu brillant entoure la teinte rouge dès le début de la troisième phase. Exceptionnellement, il entoure le cercle dès la deuxième phase, à dominante verte.
La teinte bleue est donc, en tout cas, la plus externe dans les phases précédentes.
Puis par sautes et irrégularités, ce bleu va venir remplacer le rouge, tout en occupant une surface moindre que celle que ce dernier avait. La quatrième phase du phosphène est pleinement constituée. Ce bleu est encore moins brillant que le rouge et beaucoup plus calme.
Il arrive que cette phase bleue manque. On peut aussi lui donner une brillance d'une beauté exceptionnelle en effectuant des girations rapides autour de l'axe du corps, depuis le début du phosphène, puis en s'allongeant subitement sur le dos lorsque la phase bleue commence à apparaître (Cf. “ Derviches tourneurs et Phosphénisme ”).
Gœthe est le premier, à notre connaissance, à avoir signalé d'un mot l'existence de cette phase bleue du phosphène.
Pour les phases que nous venons d'étudier, notons que ces variations irrégulières des coloris du phosphène sont moins nombreuses après une fixation de la lampe de trois minutes au lieu de trente secondes. Du moins, il en est ainsi chez la plupart des sujets mais non chez tous : une fixation préalable plus longue de l'éclairage tend à stabiliser le phosphène.
La phase bleue disparaît en laissant, au début de l'entraînement, le plus souvent une zone plus noire que l'environnement dans le champ visuel.
C'est le phosphène négatif. Celui-ci, en général, n'existe plus après quelque entraînement. Cette obscurité plus marquée est réellement un phosphène.
En effet, si l'on dispose deux lampes, une devant chaque œil, avec une cloison prolongeant l'arête nasale, il y aura deux phosphènes. Si l'on éclaire alternativement à droite et à gauche, sur le rythme de deux secondes, et seulement pour ce rythme, les deux phosphènes consécutifs vont alterner : on verra, par exemple, le droit huit secondes, puis le gauche un temps égal, durant trois minutes (cf. “ L'Exploration du cerveau par les oscillations des phosphènes doubles ”).
Or, si l'on porte bien attention à ce qui se passe vers la fin des trois minutes, on s'aperçoit que les deux phosphènes négatifs continuent à alterner sur le même rythme, différent avec chaque sujet, qu'avaient les phases rouges et vertes du phosphène. Ainsi est prouvé que le phosphène négatif est vraiment un phosphène et non une apparence due à la fatigue de la rétine. Cela a son importance pour expliquer certains faits historiques dans des cas où des foules fixaient le soleil.
Depuis l'extinction de la lampe jusqu'au début de la phase bleue, le phosphène aura donc duré environ trois minutes.
La durée de la phase bleue est plus variable et imprécise car elle se confond progressivement avec le noir du champ visuel. Il existe des anomalies de durée. Nous en parlerons plus loin.
Phase de lueur diffuse, ou phase finale :
Lorsque le phosphène devient rouge foncé, on commence à observer autour de ce cercle une lueur blafarde que nous appelons “ lueur diffuse ”.
D'un bout à l'autre de sa présence, la lueur diffuse est bien différenciable des autres phases du phosphène : elle est beaucoup plus pâle. Elle n'est pas agitée, comme le noyau l'était, mais au contraire très stable, légèrement grumeleuse, d'un gris laiteux. Ses bords sont dégradés, formés de concavités tournées vers l'extérieur et raccordées par leurs angles.
Elle augmente de dimension et de luminosité jusqu'à envahir le noyau central qui est noir ou bleu foncé. Progressivement, elle le remplace tout en continuant à s'élargir vers l'extérieur. Sa marche est donc simultanément centripète et centrifuge. C'est quand la lueur diffuse a achevé de combler le noyau central qu'elle passe par son maximum.
Alors, sa surface est environ le quadruple de celle qu'avait le noyau central.
La lueur diffuse ne reste pas à ce maximum. Dès qu'elle l'a atteint, elle commence à décliner mais beaucoup plus lentement qu'elle n'est apparue. On ne peut donner une durée pour sa persistance car celle-ci dépend beaucoup de l'attention qu'on y porte. Pourtant, elle finit par s'éteindre, même si l'attention est soutenue.
Certains sujets ne présentent pas cette lueur diffuse aux premiers essais. Insister : elle se formera après quelque entraînement.
Parfois, mais assez rarement, il restera impossible de l'obtenir.
Une proportion assez importante de sujets affirme voir la lueur diffuse, non pas grise mais jaune très pâle ou rose pâle. Nous ne pouvons affirmer qu'il s'agisse exactement du même phénomène. Peut-être est-ce une sorte d'imprégnation de la lueur diffuse par une des phases précédentes du phosphène.
Dans “ L'Exploration du cerveau par les oscillations des phosphènes doubles ”, nous avons indiqué des expériences qui prouvent que lorsqu'il n'y a plus de couleurs du spectre (vert, rouge, bleu) dans le phosphène mais qu'il ne reste que la lueur diffuse, il ne se passe plus rien sur la rétine.
Ces mêmes expériences prouvent que du point de vue neurologique, cette lueur diffuse provient uniquement de l'oscillation très lente et qui s'étale d'une énergie entre les deux hémisphères.
Le phosphène obéit à une loi très générale : avec une dose de lumière qui correspond à environ 75 à 100 watts à un mètre de distance, pendant trente secondes, on obtient le phosphène normal. Au dessous, c’est insuffisant mais en augmentant la dose, le post-phosphène n’est pas meilleur.
Le phosphène obéit à la loi du « tout ou rien ».
Il n’y a donc aucun danger de se fatiguer les yeux par des fixations de trop longue durée de l’éclairage, certes un peu vif, il n’est pourtant pas assez fort pour fatiguer des yeux normaux.
Comprendre les phosphènes par des animations