phosphenes causes

HYPOTHÈSES SUR LES SACCADES DE COULEURS
DANS LES CO-ET POST-PHOSPHÈNES
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EXPLICATION DE LA DISPARITION DE LA COULEUR JAUNE
DU POST-PHOSPHÈNE APRÈS QUELQUE ENTRAINEMENT

Comment se fait-il qu'au début de l'entraînement au post-phosphène, la première des couleurs du spectre à apparaître soit un jaune très vif et brillant alors qu'après quelques jours, ce jaune est remplacé par du vert moins éclatant bien qu'encore assez vif ?

Voici la seule explication possible, semble-t-il, qui ne fait d'ailleurs que reculer la limite du problème.
On sait que le centre de la rétine, ou fovea, est constitué principalement de cellules appelées cônes, qui détectent la lumière. Soit dit en passant, sa surface est d'environ un vingt cinquième de millimètre carré. N'est-ce pas prodigieux que l'essentiel de notre vision du monde tienne dans une si petite surface !

Tous les auteurs sont maintenant d'accord à ce sujet : il existe trois catégories de cônes, la première pour détecter le vert, la deuxième pour le rouge, la dernière pour le bleu.

Le jaune apparaît donc comme dû au travail simultané des cônes percevant le vert et le rouge.

Or, après quelques semaines d'entraînement au Phosphénisme, les trois couleurs relatives à chaque catégorie de cônes se succèdent toujours dans le même ordre : vert, rouge, bleu, chacune d'elle durant environ une minute et demie.

Cela est à priori très étrange. En effet, comment se fait-il, alors que ces trois couleurs sont contenues dans la couleur blanche de la lampe qui a été fixée pour obtenir le post-phosphène, que ces couleurs apparaissent successivement et toujours dans le même ordre dans le phosphène ?

Pour le moment, remarquons que ces trois couleurs du post-phosphène, après quelque entraînement, correspondent aux trois variétés de cônes qui analysent les couleurs.

DONC, BIEN QU'AYANT ÉTÉ EXCITÉES SIMULTANÉMENT PAR LA LUMIÈRE BLANCHE, LES TROIS VARIÉTÉS DE CÔNES, ORGANES DE LA DÉTECTION DES COULEURS, TRAVAILLENT SÉPARÉMENT ET SUCCESSIVEMENT PENDANT LE PHOSPHÈNE, TOUJOURS DANS LE MÊME ORDRE, MAIS AVEC UNE SYMÉTRIE DANS CET ORDRE ENTRE LE CO- ET LE POST-PHOSPHÈNE.

Le jaune étant un mélange du travail des cônes qui détectent le vert et de ceux qui détectent le rouge, que le jaune disparaisse du post-phosphène signifie, évidemment, QUE LA TENDANCE À LA DISSOCIATION DU TRAVAIL DES CÔNES, PENDANT LE POST-PHOSPHÈNE, LOIN DE S'ATTÉNUER AVEC L'ENTRAINEMENT, TEND AU CONTRAIRE À S'ACCENTUER.

Lorsque cela s'est produit, le vert est alors moins brillant que le jaune n'était, puisque ce vert est dû au travail d'une seule variété de cône, tandis que le jaune était dû au cumul de l'activité de deux variétés de cônes relatifs au vert et au rouge.



SIMULATION DE LA DISSOCIATION DU TRAVAIL
DES CÔNES DANS LE POST-PHOSPHÈNE

Si étrange que soit cette dissociation du travail des cônes dans les co- et les post-phosphènes, elle n'échappe pourtant pas à toute comparaison avec des phénomènes connus.

Comparaison de la succession des couleurs avec des phénomènes hydrauliques :

Au départ, supposons deux réservoirs fermés contenant chacun un liquide : vert pour l'un, comme de la fluorescéine; rouge pour l'autre, comme de l'huile colorée par le carmin.
Nous remarquerons déjà que ces deux liquides ne sont pas miscibles.
De plus, ils ne remplissent pas complètement le réservoir. Au-dessus des liquides, il y aura un même gaz en quantité pondérale égale.
Mais les deux réservoirs n'ont pas le même volume. Il en résulte que la pression du gaz sera plus forte dans le plus petit qui est celui du liquide vert.

Sous les réservoirs, nous disposons un seul gros tuyau, mais coupé par une cloison médiane. Chaque réservoir ne communique qu'avec une moitié du tuyau. Ainsi, l'eau à la fluorescéine entrera dans le tuyau, seulement à gauche, l'huile au carmin à droite.
La cloison médiane ne se prolonge pas tout à fait jusqu'à l'extrémité. Néanmoins, les deux liquides étant non miscibles, leurs filets ne se mélangent pas à la sortie.

Dans la cloison médiane, ajoutons un clapet, sorte de soupape, mais qui, à la différence d'une soupape ordinaire qui ouvre et qui ferme, peut basculer dans les deux sens. Elle a donc le choix entre trois positions principales de repos (dans l'alignement de la cloison médiane) ou perpendiculaire à gauche et obturant alors complètement le conduit du liquide vert ou perpendiculaire de l'autre côté et fermant ainsi la circulation au liquide rouge (fig. 5).

Au début de l'écoulement, la pression sera plus forte dans le réservoir du liquide vert, à gauche, puisque la même quantité de gaz est contenue dans un espace plus petit.

Cela fera basculer le clapet à droite, fermant le passage au liquide rouge que la moitié du liquide vert empruntera alors. Dans cette période, à la sortie du tuyau contenant les deux produits, il n'y aura donc que du liquide vert.

Lorsque la pression entre les deux réservoirs sera à peu près équilibrée, il y aura une période d'affolement du clapet, qui oscillera de droite à gauche. Il sortira donc du tuyau à deux conduits, simultanément, des veines liquides rouge et verte, leur rapport de surface étant sans cesse variable mais pas de teinte intermédiaire, puisque les deux liquides ne sont pas miscibles.

Mais à partir du moment où les pressions s'équilibrent, il reste moins de gaz du côté vert, donc l'avantage va passer du côté rouge qui a encore tout son gaz : le clapet bascule dans l'autre sens.
On peut parfaire la simulation en imaginant trois tuyaux concentriques, et des clapets en couronne. Mais cela ne change rien au principe.