Encyclopédie et Wiki des phosphènes

ÉTRANGETÉ DES MOUVEMENTS DES PHOSPHÈNES
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PRÉCISIONS SUR LES MOUVEMENTS
DE GLISSEMENT DU PHOSPHÈNE

Nous avons vu que les phosphènes présentent des mouvements qui ne peuvent s'expliquer seulement par les réactions chimiques sur la rétine, lesquelles sont classiquement considérées comme étant à l'origine de ces lumières subjectives.

Nous rappelons, par exemple qu'au cours des premières séances de Mixage, le phosphène présente assez souvent des mouvements de glissement, en général obliquement, vers le haut ou vers le bas, même le regard restant fixe, ce qui amène ensuite l'observateur à suivre le mouvement du phosphène par un mouvement des yeux, puis le raccrochant en quelque sorte, à le ramener vers le centre du champ visuel, les yeux restant alors au repos.

Nous avons dit que ces glissements des phosphènes, gênants au cours des premières séances de Mixage, disparaissent avec très peu d'entraînement, à condition que l'on ne suive pas le phosphène des yeux car alors, une fois de côté, il s'éteint subitement puis se reforme à la bonne place.

1/ L'expérience du phosphène projeté sur le livre :

Nous nous souvenons de l'expérience qui consiste à projeter le phosphène sur un livre posé sur une table devant soi, les yeux bandés. Le phosphène, donc, donne l'impression d'être sur le livre. Mais si alors on touche chaque bord du livre avec la main du même côté, il semble souvent que le phosphène soit hors des mains, au lieu d'être entre elles. Il y a donc une contradiction entre les impressions spatiales fournies par les sensations cénesthésiques et visuelles en obscurité.

Il est curieux de remarquer que chez le même sujet, le phosphène a toujours tendance à glisser du même côté. On peut penser qu'un léger degré de déficience d'un des six canaux semi-circulaires (trois de chaque côté) est à l'origine de cela car chez une personne sourde à la suite d'une otite grave, dont on peut donc supposer une déficience de l'organe de l'équilibre de ce côté, le phosphène paraissait toujours glisser du côté sain, c'est à-dire le plus vigoureux des deux. Chez un autre sujet qui avait une irritation de l'oreille, par suite d'irradiation de douleurs dentaires, au contraire, c'est du côté malade, c'est-à-dire ici surexcité par la douleur, que le phosphène paraissait entraîné.

Le phosphène étant un phénomène de conscience cénesthésique, c'est-à-dire traduisant une activité interne à l'organisme, il apparaît donc, dans ces deux observations, comme spécialement lié aux organes de la cénesthésie (la douleur est une sensation cénesthésique, ainsi que les renseignements fournis par l'oreille interne, partie équilibre).

Naturellement, quand il y a une cause organique au glissement du phosphène, on obtiendra plus difficilement la correction de cette anomalie.

Un de nos sujets affirmait que le phosphène était d'habitude devant lui mais paraissait tomber lorsqu'il avait des idées tristes, au contraire s'élever lorsqu'il priait. Nous n'avons pas tenter de vérification de ceci chez d'autres sujets.

Pourtant, il semble qu'en moyenne, les personnes à tendance dépressive ont plus fréquemment le phosphène qui glisse vers le bas.
Ce cas amène à poser la question : dans quelle mesure, la pensée est-elle une sorte de “ super-cénesthésie ” ?

2/ Un cas qui montre bien que le phosphène et la douleur font partie des sensations cénesthésiques et à cause de cela, sont intimement liés :

Ce que nous avons dit immédiatement ci-dessus, à propos de l'otalgie (douleur dans l'oreille), nous prépare à mieux comprendre le cas que voici.

Il faut considérer de plus en plus que les phosphènes font partie des sensations cénesthésiques (puisqu'ils viennent de l'intérieur de l'œil et non du champ visuel externe). En effet, on peut alors supposer que certains centres qui contrôlent ces mouvements sont dans les régions du système nerveux central où sont groupés d'autres centres en relation avec les sensations cénesthésiques. Ce qui se passe alors dans l'ensemble de cette région du système nerveux, par la diffusion de l'activité d'un de ces centres, se répercute rapidement sur le phosphène, lui donnant cette indépendance, au premier abord surprenante, envers le champ visuel.

Un cas survenu à Marseille, il y a une dizaine d'années, fera mieux comprendre ce que nous voulons dire : un sujet très habitué à l'alternance des phosphènes doubles descend dans sa cave et néglige d'allumer. Il se donne un coup sur un genou, assez violent. Le phosphène dont il avait l'habitude pour ce genre d'expérience, c'est-à-dire rectiligne et oblique de 45° sur l'horizontale, apparaît du côté du coup. La douleur est une variété de sensations cénesthésiques. Le centre de perception du phosphène est dans la même région du système nerveux parce qu'il faut, nous l'avons vu, classer le phosphène dans les sensations cénesthésiques et non les sensations visuelles. Donc, la diffusion de l'excitation par la douleur au centre proche du phosphène n'est pas étonnante.

De même s'explique la très facile diffusion aux phosphènes des sensations venant des canaux semi-circulaires de l'oreille interne que nous étudierons à propos de leur association avec les balancements de tête.

L'étude de l'action des mouvements de tête sur les mouvements des phosphènes va fortifier l'hypothèse du phosphène considéré comme un des éléments des sensations cénesthésiques, donc intimement lié à elles, avec une prépondérance d'influence des canaux semi-circulaires.

3/ Les mouvements totalement inconscients des yeux :

Il arrive que si l'on a les yeux entrouverts dans une obscurité assez bonne mais pas parfaite, on a l'impression qu'une étincelle très réelle se déplace en travers du phosphène, puis au-delà, alors que le phosphène et les yeux paraissent parfaitement immobiles.

Vérification faite, cette étincelle était un reflet d'un rayon de lumière par la jointure d'une porte, par exemple, sur un objet métallique. Du moment que ce reflet, évidemment immobile, paraissait se déplacer assez vite, c'est que les yeux bougeaient. Or, on ne le ressentait pas et le phosphène, toujours à la même place par rapport à l'axe du globe, ne pouvait alors donner une impression autre que d'immobilité.
Ainsi, parfois, et comme nous en verrons des exemples encore plus frappants, le phosphène paraît bouger alors que les yeux restent immobiles. Dans d'autres cas, c'est l'inverse : les yeux bougent à notre insu et le phosphène paraît immobile. C'est dire toute la complexité de l'étude des mouvements relatifs des phosphènes et des yeux.